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Maintenance & Entreprises n°653

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La maintenance en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie : de l'aéronautique à l'énergie p.19

MAINTENANCE EN RÉGIONS

MAINTENANCE EN RÉGIONS Ile-de-France, les trois-quarts de l’équipe opérationnelle sont à Mérignac. Ainsi, pratiquement toutes les activités sont représentées dans cette commune. Nous avons également un site associé à Sophia-Antipolis sur lequel nous faisons de l’achat et de la vente de drones chinois d’un partenaire qui est le numéro mondial des drones semi-professionnels, DJI établi à Shenzhen qui vend les trois-quarts des drones semi-professionnels dans le monde. M&E : COMMENT AZUR DRONES ÉVOLUE-T-ELLE ? S.M. : Nous figurons parmi les premières sociétés à avoir créé cette activité essentiellement dédiée à l’inspection de cartographie par drone. Nous avons commencé à le faire progressivement avec des grands comptes tels que la SNCF et nous l’avons développé ensuite. Cette activité reste un pan historique de la société. Elle consiste à effectuer des prestations de service de vols de drone sur des ouvrages et des zones en chantier pour faire la reconstruction en 2 ou 3 dimensions avec un nombre de scènes, d’ouvrages et de zones qui sont numérisés par l’action du drone. Ainsi après avoir collecté ces données, nous les traitons et nous en faisons des assemblages qui permettent ensuite d’obtenir la résolution et la précision spatiale nécessaire. Depuis l’été 2016, nous avons levé 12 millions d’euros afin de développer des activités d’opérateurs de drones et surtout pour devenir un constructeur de drones et se spécialiser dans la sécurité. Nous construisons, en effet, des drones pour des missions de surveillance, notamment de grands évènements et des sites sensibles. C’est pour cette raison que nous avons racheté la société Skeyetech établie à Mérignac. Sur le site de Mérignac, nous avons centralisé toutes nos opérations de conception et de production des 2 systèmes. Le premier est dédié à la surveillance de grands évènements qui est le drone filaire Flying Guard. Ce drone est relié au sol par un fil électrique pendant plusieurs heures. Quant au second système autonome, il est hébergé dans une boite qui s’ouvre quand elle est connectée lors d’un évènement particulier de sécurité. Dans le cas d’une ronde programmée, le drone vole au-dessus du centre sensible sans l’action d’un pilote avec une trajectoire donnée. Si le client a des doutes à lever sur un site, le drone est alors opéré par un agent de sécurité. A partir de son superviseur de sécurité, ce professionnel dispose d’une application sur son écran qui permet de décoller le drone qui se gère ensuite tout seul de manière automatisée jusqu’à son atterrissage dans la station d’accueil. Ces solutions sont jugées encore assez originales car elles sont révolutionnaires dans la façon de gérer un site. Pour autant, elles sont validées par la DGAC 1 . 2019 sera marquée par un fort développement commercial dans la mesure où ces solutions ont déjà été vendues à la fin de 2018. Nous avons, en effet, des prospects importants à l’export notamment et aussi en France. Mais nous continuons notre activité de prestations et de services pour l’inspection Survey Drone auprès de l’industrie, du secteur du bâtiment et des travaux publics. M&E : QUELLES PRESTATIONS SONT-ELLES DESTINÉES À LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE ? S.M. : Nous mettons à leur disposition des outils que sont les drones capables d’accéder à des endroits difficiles d’accès en raison de la hauteur pour les êtres humains ou l’accès coûteux rend l’exploitation du site plus complexe. Lors d’une inspection d’une infrastructure (par exemple, un ouvrage d’art ou une cheminée) , l’accès au site doit être bloqué à cause des intervenants, l’exploitation du site est alors pénalisée alors qu’une opération avec un drone ne dure qu’une dizaine de minutes et elle n’empêche pas généralement l’exploitation du site. Nous fournissons donc à la 1. Direction générale de l’Aviation civile. « Depuis l’été 2016, nous avons levé 12 millions d’euros afin de développer des activités d’opérateurs de drones et surtout pour devenir un constructeur de drones et se spécialiser dans la sécurité. » 26 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°653 • Mars - Avril - Mai 2019

MAINTENANCE EN RÉGIONS fois de la rapidité de l’exécution de l’opération de l’inspection et de la précision car le drone vole très près de la structure à inspecter et il prend des photos. Quand l’infrastructure a été photographiée sous toutes les coutures et que l’assemblage a été réalisé, l’inspection peut être réalisée sur un ordinateur et il est possible de la voir évoluer sur un ordinateur en 3 dimensions. Donc cette autre approche de l’inspection permet une prise de risque limitée et l’exploitation du site n’est pas pénalisée. De plus, il y a un gain du temps, de l’argent et de la sécurité. « Donc cette autre approche de l’inspection permet une prise de risque limitée et l’exploitation du site n’est pas pénalisée. » Maintenant, il faut que ces opérations entrent dans les mœurs. Les professionnels de l’inspection doivent comprendre que le drone est un outil à leur disposition : soit en utilisant le drone en temps réel, soit en l’employant pour câbler des informations qui sont ensuite traitées. Après, l’assemblage complet de l’infrastructure permet d’obtenir de meilleurs résultats en termes d’estimation des dégâts et des désordres et des actes de maintenance. Aujourd’hui, nous disposons d’un dispositif de vérification de détecteurs d’incendies qui réalise des inspections plus détaillées. A la fonction Caméra avec un détecteur qui vérifie l’écart de la structure à inspecter, s’ajoute un petit système qui crache de la fumée. Par exemple, si une dizaine ou centaine de détecteurs sur un bâtiment sont situés à une quinzaine de mètres de hauteur, le drone réalisera très rapidement l’inspection d’un détecteur. Ainsi, à proximité de celui-ci, il enverra de la fumée et si le détecteur se déclenche, cela démontrera qu’il fonctionne. Ce système a été mise au point avec un certain nombre de nos clients et il permet un gain de temps colossal. Le drone Skeyetech dans sa station. Si il est possible d’ajouter des outils aux drones, il faut prendre en compte de la petite taille de l’appareil dont la masse moyenne est de 5 kilos. Donc si vous voulez faire des serrages de boulons avec un drone, cela reste compliqué et il faut savoir le coût de développement… M&E : EN QUOI CES SOLUTIONS SE DISTINGUENT- ELLES DE VOS CONCURRENTS ? S.M. : Ce n’est pas le drone tout court mais c’est la manière dont on opère. Là où nous sommes performants, nous connaissons les activités qui sont pertinentes et rentables grâce à notre ancienneté. Concernant les activités rentables, nous avons mise en place des process. Là où nous sommes pertinents, quand nous débarquons sur une centrale ou un site industriel, nous avons des professionnels qualifiés pour le faire et ils sont formés, notamment sur la prévention des risques et la gestion des infrastructures électriques, par exemple. Ainsi, nous avons formé les pilotes afin qu’ils soient intégrables sur les sites. Or dans le monde des drones, cela n’est pas très fréquent. Le marché des drones est, en effet, focalisé sur la prise de vues audiovisuelles. Le fait de travailler avec des grands comptes comme EDF, Engie et SNCF nous a donné cette culture à bien s’intégrer dans la culture des accidents. Si le drone permet de gagner en sécurité, il est un outil utilisé de manière bien conforme et maîtrisé pour qu’il ne génère des risques supplémentaires et peut les prévenir. Cela fait 6 ans que nous pratiquons ces opérations et nous avons la maîtrise de la plupart d’entre elles. C’est la prime de l’ancienneté qui qualifie la solution et nous nous distinguons ainsi d’une bonne partie de nos concurrents qui sont généralement des petites structures qui n’ont pas l’habitude de travailler avec des grands comptes et qui sont plutôt dédiées à l’audiovisuel. « Gains de temps et d’argent et de sécurité. » M&E : QUELS SONT LES BÉNÉFICES POUR VOS CLIENTS ? S.M. : Gains de temps et d’argent et de sécurité. Gain de temps : en 1 heure de survol de drone, il est possible d’inspecter entre 10 000 et 15 000 mètres carrés de surface. Ainsi, dans le cadre d’un barrage, une toiture ou une infrastructure métallique, un gain de temps important est obtenu car le drone ne connait pas les problèmes d’accès et s’élève en quelques dizaines de secondes même si l’altitude d’inspection est importante. Après, il se déplace entre 3 et 5 m/s et il prend régulièrement des photos. Le client évite aussi les problèmes d’accès et comme ce temps est assez important, il ne mobilise pas l’infrastructure qu’il est en train d’inspecter, cela permet également de gagner de l’argent au client. Par exemple, pour inspecter un pont sur la Garonne, vous allez consacrer 4 h à cette opération autour de l’ouvrage d’art mais avec une nacelle, vous triplerez ce temps-là pendant lequel vous n’aurez pas accès au pont. Le seul qui prend des risques est le drone. MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°653 • Mars - Avril - Mai 2019 I27

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