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Maintenance & Entreprise n°661

Dossier : Spécial Hauts-de-France p. 28

MAINTENANCE 4.0

MAINTENANCE 4.0 INTERVENTIONS SUR DES INSTALLATIONS EN PANNE © DR • la gestion de la production : Connaître l’utilisation des équipements grâce aux ordres de production passés afin de connaître le taux d’utilisation de chaque machine et prévoir la maintenance en fonction d’indicateurs (heures de fonctionnement, nombre de pièces produites...). • la gestion des stocks : Que ce soit pour prévoir les interventions sur les machines et anticiper le réapprovisionnement des pièces détachées et d’outils, mais aussi pour mutualiser les demandes d’achats de la production et de la maintenance. • la gestion de la planification : Permettre un meilleur ordonnancement en intégrant les données de maintenance aux disponibilités et pics d’activités, etc. afin de prévoir des plannings d’interventions fiables et efficaces. DÉCLOISONNER LA MAINTENANCE DU RESTE DE L’ENTREPRISE C’est, pour moi, une première étape essentielle vers la “maintenance du futur”, avant de parler prédictif. Mais elle se heurte à un écueil : les responsables de maintenance veulent un outil métier, donc de GMAO pour réaliser leurs missions métier, mais ils ne se préoccupent que très peu de savoir comment ils vont dialoguer avec le reste du système. Il est pourtant crucial, et encore plus aujourd’hui, de pouvoir communiquer avec les services production, achats et comptables et de faire circuler l’information. À mon sens, digitaliser la maintenance n’a pas de sens si ce n’est pas connecté au système d’information global de l’entreprise (ERP). Sur le terrain, nous rencontrons de grands industriels, équipés en GMAO, qui sont souvent incapables de nous dire quel est le coût réel de leur maintenance. Si leur outil n’est pas lié à l’ERP de l’entreprise, il est très compliqué de répondre à cette question. SYNERGIES GMAO - ERP Maintenance : l’importance de la communication. Plusieurs aspects de la maintenance doivent être traités en lien avec l’ERP : • l’analyse des coûts :L’intégration avec un module financier permet d’intégrer au contrôle de gestion les achats de pièces et les prestations de sous-traitance afin de définir le coût réel de la maintenance. 24 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°661 • Mars - Avril - Mai 2021 L’analyse des fréquences de panne réalisées dans la GMAO - permise par le MTBF (Mean Time Between Failure ou Moyenne des Temps de Bon Fonctionnement) et le MTTR (Mean Time To Repair ou Temps Moyen pour Réparer) - est aussi un indicateur à surveiller en permanence. Avec ces informations, on peut calculer un indicateur de productivité et donner le temps moyen entre deux pannes pour caler la fréquence de maintenance préventive. Cette dernière doit être exploitée dans l’ERP dans les routines de calculs de charge, pour réaliser un ratio de productivité (Taux de Rendement Synthétique ou Overall Equipment Effectiveness) et gérer les plans de production. En regroupant ces informations issues de logiciels différents, le côté préventif de la maintenance s’améliore. Une première étape de maintenance prédictive peut même être envisagée. Les informations à partager sont nombreuses entre ERP et GMAO, mais aussi avec les autres systèmes de l’entreprise. Dans un futur proche, la capture d’information depuis les équipements de plus en plus fournis en capteurs, notamment via le MES (Manufacturing Execution System), permettra de nourrir la technologie d’analyse de l’Intelligence Artificielle et d’anticiper des situations potentiellement critiques. L’intégration poussée de ces logiciels s’inscrit parfaitement dans le concept de maintenance 4.0, où une usine devient finalement un système global interconnecté. ● Dominique Ribault

INTERVENTIONS SUR DES INSTALLATIONS EN PANNE MAINTENANCE 4.0 AVIS D’EXPERT Mettre en œuvre une solution sur tablette pour les techniciens de maintenance en 5 étapes En France, le virage du digital a été progressivement pris par les acteurs du secteur industriel, au cours des deux dernières années. Pression concurrentielle et évolution de la demande ont motivé ces avancées. Étape 1 : Identifier la problématique majeure Catherine Marquèze Responsable Marketing & Communication d’InfleXsys. Pour les entreprises industrielles, l’enjeu de la digitalisation se situe donc à 3 niveaux : • Offrir plus de flexibilité pour améliorer la performance des produits et leur variété ; • Renforcer la productivité (raccourcir les délais de livraison et réduire les coûts de fabrication) sans nuire à la qualité (anticiper les pannes) ; • Optimiser le « time to market » des offres. Pour mettre en œuvre cette transformation digitale, la première étape consiste à se demander quelle est la valeur « business » que le digital va apporter. En effet, l’investissement que le digital représente nécessite de s’intéresser à la valeur qu’il génère, directement ou indirectement. Il est donc utile de réfléchir avec les métiers, à des « solutions business » susceptibles d’apporter une valeur ajoutée dans l’atteinte des objectifs poursuivis. Dans ce contexte, les fonctions opérationnelles sont à l’avantposte de la transformation digitale, notamment les métiers de la maintenance qui bénéficient des technologies de travail en mobilité. Ensuite, cette transformation s’engage bien souvent par la mise en place de POC (Proof Of Concept) ou de prototypes permettant de tester rapidement des innovations sur des périmètres restreints. PRENONS L’EXEMPLE DE LA MISE EN ŒUVRE D’UNE TABLETTE POUR TECHNICIEN DE MAINTENANCE OU POUR UN OPÉRATEUR DE TERRAIN. Il s’agit en tout premier lieu d’identifier quelle est la problématique majeure rencontrée par ces techniciens et quelle est la « valeur business » d’une application mobile répondant à cette problématique. En interrogeant les techniciens de maintenance d’industries variées, on rencontre régulièrement des problématiques liées à la gestion administrative des interventions : les processus papier induisent parfois des doubles saisies engendrant un traitement chronophage post-intervention et des risques d’erreurs humaines lors de recopies. Dans d’autres cas, c’est la qualité des interventions qui fait l’objet d’une réflexion car le technicien, qui va d’intervention en intervention, ne prend pas le temps de remplir toutes les étapes nécessaires à la rédaction précise de son rapport d’intervention ; Enfin, une autre problématique majeure concerne le délai qui sépare généralement la réalisation de l’intervention de la transmission du rapport. Formuler l’objectif à atteindre (réduction des temps de traitement des interventions et des risques d’erreur, amélioration de la qualité des interventions ou optimisation du temps de travail des techniciens) permet de préciser ce que l’on attend d’une solution digitale et sur quels indicateurs clés de performance (KPIs) s’appuyer pour mesurer son impact : délai de traitement moyen d’une intervention, nombre moyen d’interventions / jour, etc. Étape 2 : L’expression des besoins L’objectif défini, il s’agit de préciser les besoins dans un cahier des charges. Il est important d’interroger les utilisateurs finaux (les techniciens ou les opérateurs de terrain) ou de les observer in situ, pour bien comprendre leurs problématiques de terrain. L’idéal est de les intégrer le plus tôt possible dans la réflexion ou d’intégrer dans le groupe projet, des personnes qui maitrisent les aspects Métier. Ce premier travail amène à se poser la question de la mise en MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°661 • Mars - Avril - Mai 2021 I 25

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