Maintenance & Entreprise n°652

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La maintenance bat son plein dans les Hauts-de-France p.24

DOSSIER LA MAINTENANCE

DOSSIER LA MAINTENANCE DU FUTUR : DE L’IA À LA RECHERCHE par exemple, des champs électromagnétiques, des gaz et des changements de température. Ces simulations sont réalisées en complémentaire avec le réel. En outre, nous avons des prototypes de vestes où le stagiaire peut sentir les impacts. Si on dispose des outils utilisés par la société, on peut équiper l’opérateur avec des capteurs et indiquer à l’ordinateur où est son corps. Le mannequin virtuel peut alors reproduire les gestes. En temps réel, nous pouvons décaler virtuellement des éléments et après, une analyse ergonomique est réalisée. Ainsi, comme il y a moins de TMS 1 et d’arrêts de travail à cause d’un poste mal « désigné », les entreprises gagnent du temps et de l’argent. Cela contribue aussi à la qualité de vie et la santé et la sécurité au travail. Notre client, Plastic Omnium, en est un exemple. Leurs opérateurs en France font le geste et leurs sous-traitants brésiliens et chinois connectés par Internet les observent grâce à la réalité virtuelle. Ils ont ainsi travaillé sur la chaine d’assemblage dans la phase de conception comme dans l’anticipation de maintenance par exemple. « L’apport de la réalité virtuelle : pouvoir anticiper la maintenance lors de la phase de conception. » Sébastien Kuntz La plateforme de travail collaboratif en réalité virtuelle, Improov3, permet donc de visualiser les prototypes en réalité virtuelle réalisées avec un logiciel de conception. Nous pouvons modifier le modèle de conception, le présenter en réalité virtuelle et voir en taille réelle si le prototype a été bien construit et identifier les problèmes de conception très tôt dans le processus grâce à des mesures et des annotations. Les équipements proposés sont le casque et les manettes et un ordinateur puissant. Maintenant, les casques qu’on peut ache- 1. Troubles musculosquelettiques. ter à 1 000 € permettent de démocratiser la réalité virtuelle. A.S. : L’intelligence artificielle (IA) doit être au service de l’exploitant : partager son vocabulaire et accompagner sa prise de décision. A mon sens, l’IA n’a ni la prétention ni les moyens de remplacer l’homme. Aujourd’hui, l’IA est souvent accusée d’être une « Black box ». Ce constat n’est pas une fatalité, et doit être combattu. Le vrai enjeu de l’IA industrielle est, au contraire, de renforcer et pérenniser les compétences en place ! L’Intelligence Artificielle est précieuse pour accompagner une prise de décision complexe, ou simplement automatiser des tâches à plus faible valeur. M&E : QUELS SERVICES OU SOLUTIONS DE MAINTENANCE DU FUTUR PROPOSEZ-VOUS ? S.K. : Nous proposons de la formation à la maintenance. La plateforme de travail collaboratif en réalité virtuelle, Improov, permet de vérifier la conception des éléments en réalité virtuelle et d’anticiper la maintenance à plusieurs. L’industriel peut l’acheter en étagère. Il permet de vérifier l’ergonomie. L’humain virtuel est une option d’Improov. Nous fournissons des services autour d’Improov. Si le client ne veut pas s’équiper toute de suite, nous pouvons venir Une application de MiddleVR pour réduire les TMS. chez eux avec l’ordinateur et les casques pour réaliser une journée de tests et nous chargeons leurs modèles. Avec les ingénieurs de la société, nous travaillons sur des problèmes de conception ou d’ergonomie de chaînes de montage ou d’agencement d’usines. D’ailleurs, l’analyse ergonomique est un nouveau service. De plus, nous pouvons créer des applications spécifiques. Les applications pour GRTgaz et RTE en sont des exemples. Globalement, les professionnels sont intéressés car ces technologies sont nouvelles. Nous pouvons faire une formation jusqu’à la maitrise de la procédure ou du geste (par exemple, à 90 %). On peut organiser autant de formations qu’on le souhaite car l’équipement ne coûte pas chère. Concernant la conception, il y a un effet positif sur les techniciens de la maintenance car ils ont participé à la qualité de vie au travail. Ils ont été, en effet, impliqués dans la phase de design et ont donné leur avis. Avec la réalité virtuelle, on n’a plus besoin d’être ingénieur pour comprendre le fonctionnement. On maîtrise aussi les coûts et les délais et on obtient un produit proche des attentes des clients. A la fin de l’année, nos projets porteront plus sur l’aspect humain virtuel. A.S. : Quand on parle de maintenance du futur, je pense aux « smart sensors 2 », aux 2. Les capteurs intelligents. ©DR 54 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°652 • Janvier - Février - Mars 2019

LA MAINTENANCE DU FUTUR : DE L’IA À LA RECHERCHE DOSSIER cobots 3 , à l’IA… Metroscope appartient au domaine de l’Intelligence Artificielle, appliquée à l’analyse de données. Notre service rendu : donner à l’exploitant une image fiable de l’état de son installation. Ensuite, le client est libre de prendre la bonne décision. Nous sommes un maillon décisionnel du pilotage et de la maintenance industrielle. « Notre offre est déclinée filière par filière car nous avons la conviction que dans le secteur industriel, il convient de respecter les expertises et spécificités de chacun. » Aurélien Schwartz M&E : QUELS SONT VOS ATOUTS PAR RAPPORT À CEUX DE VOS CONCURRENTS ? S.K. : Concernant l’aspect du service, nous présentons l’avantage d’être spécialisés en formation industrielle. Tous nos ingénieurs (anciens de Dassault Aviation et BEA ) savent communiquer, par exemple, avec un ingénieur de GRTgaz sur la pression des gaz. Notre spécialité sur Improov est de pouvoir travailler à distance et de mettre en relation les professionnels de manière la plus simple possible. Cet outil permet, en effet, à des personnes qui ne sont pas ingénieurs de participer à la discussion en mettant le casque. A.S. : Notre atout est d’abord technologique. Nous avons développé un savoirfaire unique (et d’ailleurs breveté) : nous « branchons » l’intelligence artificielle sur un modèle physique, ce faisant notre IA n’apprend pas à partir des mesures mais bien à partir des équations de la physique ! ©DR Les experts dans les centrales disposent d’une connaissance fine de leur industrie, ils connaissent le design, les automatismes, la physique de l’installation. L’approche Metroscope s’en inspire directement. M&E : QUELS SONT LES FREINS ET LES POINTS DE VIGILANCE DANS L’UTILISATION DES SOLUTIONS DE MAINTENANCE DU FUTUR ? S.K. : Les points de vigilance sont la complexité des environnements. Il faut donc des machines assez puissantes. Au lieu de se pencher sur une usine complète, il est préférable de la découper en plusieurs sections et de se concentrer sur la partie intéressante. Le plus grand frein est psychologique. De la conduite du changement est nécessaire. Concernant la formation, nous conseillons des sessions ponctuelles d’1 heure. Mais nous proposons des formations d’une journée sur l’utilisation de nos outils comme Improov. D’ailleurs, cela s’inscrit souvent dans un projet du client. A.S. : Je l’évoquais tout à l’heure, le principal point de vigilance de l’IA : éviter l’effet « Black Box ». La compétence des hommes doit rester centrale dans la supervision des industries. On l’a vu dans d’autres domaines, la tentation de l’IA pourrait être de prendre des décisions sans en référer et sans en partager les fondements. L’actualité sur les voitures intelligentes pose déjà des questions éthiques et même juridiques qui émergent autour de la responsabilité des IA. Cette dernière doit être mise au service de l’opérateur, du contrôleur, du rondier, de l’expert… Il me semble que la clé est de faire communiquer ces deux mondes de l’expertise et de l’IA. Ce n’est pas le hasard si nous en avons fait la valeur fondamentale de Metroscope. M&E : QUELS SONT LES CRITÈRES D’ACQUISITION DES SOLUTIONS DE MAINTENANCE DU FUTUR ? S.K. : Nous apportons du sérieux et de l’agilité. Les clients ne viennent pas avec un cahier des charges strict. Au fur et à mesure de l’avancement du projet, ils se rendent compte que ce qu’ils imaginaient, ils n’en ont pas vraiment besoin réellement. Nous découpons le projet en plusieurs phases. Lors des journées de prototypage (1 ou 2 jours), des tests sont effectués. Après, le projet est réorienté en fonction des résultats. Lors de la deuxième phase de projet, il y a une première phase plus aboutie avec des tests avec plus de personnes. Nous affinons alors et nous comprenons alors plus les enjeux que nos clients. Metroscope est opérationnel sur centrale nucléaire. 3. Un robot destiné à interagir physiquement avec les humains dans un espace de travail partagé. MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°652 • Janvier - Février - Mars 2019 I55

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