Maintenance & Entreprise n°652

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La maintenance bat son plein dans les Hauts-de-France p.24

MAINTENANCE EN RÉGIONS

MAINTENANCE EN RÉGIONS ECONOMIE Cap’Industrie pour le développement des Hauts-de-France Cap’Industrie est le programme de développement économique commun à la FIM, l’UIMM Hautsde-France, le Cetim et la CCI Hauts-de-France. Lancé en 2017, il a pour mission d’aider les entreprises de la filière mécanique – métallurgique Hauts-de-France à se développer. Benoît Bartoux, animateur de Cap’Industrie, dresse un panorama de l’industrie et de la maintenance dans les Hauts-de France et présente ses activités. Le point. © DR Benoit Bartoux, animateur de Cap’Industrie. MAINTENANCE & ENTREPRISE : QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES DE L’INDUSTRIE DANS LA RÉGION DE HAUTS- DE-FRANCE ET DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE ? Benoît Bartoux : L’industrie occupe une place très importante dans l’écosystème régional avec différents bassins et territoires avec des concentrations importantes en emploi industriel. Les entreprises de maintenance présentent la particularité d’être multifilières. La métallurgie représente 126 000 salariés et 4 000 entreprises. M&E : QUELS SONT LES BASSINS D’EMPLOI ? B.B. : Si le territoire est assez rural et étendu. la densité industrielle est répartie sur le territoire mais elle est très forte sur certains bassins. Certains sites connaissent un nombre d’emploi industriel élevé mais le bassin d’emploi n’est pas forcément important. Donc les emplois se concentrent sur des territoires comme Maubeuge, Valenciennois, le Grand Hainaut, le Dunkerquois et le Bassin d’Albert. Une étude vient de paraître. M&E : QUELLES SONT LES PRINCIPALES FILIÈRES INDUSTRIELLES DE LA RÉGION ? B.B. : Parmi les filières industrielles de la région 1 , figurent celle de l’automobile extrêmement présente sur le territoire avec des constructeurs et leurs sous-traitants de rangs 1 et 2, celle du ferroviaire avec Alstom-Bombardier et notamment des sous-traitants de rangs 1,2, 3 comme Faiveley, celle de l’aéronautique structurée par Cap Industries et répartie sur tout le territoire avec des grands noms tels que Dassault, Thales, Steria, Matra Electronique et SKF et des structures un peu plus modestes comme des sociétés familiales dans l’électronique, l’aéronautique et la mécanique. L’agroalimentaire est aussi une filière très fortement représentée sur le territoire. Des études sur la maintenance sont en cours. Nous travaillons sur un projet de plateforme matérialisée ou dématérialisée avec les grandes filières de la région (automobile, ferroviaire, agroalimentaire, aéronautique) afin de mieux comprendre leurs problématiques et adapter une plateforme qui concernera le transfert de technologie ou la formation. Celle-ci peut répondre à une problématique du maintenancier comme notamment la maintenance prédictive même si elle est une technologie de rupture. Il faut réfléchir comment cette technologie s’intègrera dans les entreprises. M&E : QUEL EST LE SECTEUR EMPLOYEUR DE L’INDUSTRIE DANS VOTRE RÉGION ? 1. https://hautsdefrance.cci.fr/actualites/portrait-sectoriel-lindustrie. 28 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°652 • Janvier - Février - Mars 2019

MAINTENANCE EN RÉGIONS B.B. : La moitié de l’industrie est la métallurgie où on retrouve aussi bien l’automobile, l’aéronautique et le ferroviaire que la mécanique générale. Par ailleurs, il y a des filières fortes telles que l’agroalimentaire, la chimie et la plasturgie, par exemple. M&E : QUE REPRÉSENTENT LES PROFESSIONNELS DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE DANS LES EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE ? B.B. : Les installations de maintenance emploient 17 000 salariés 2 sur un territoire avec la particularité d’être très étendue avec une répartition des entreprises sur tout le territoire. « La maintenance est un métier en tension avec une réelle pénurie de main-d’œuvre comme les techniciens de maintenance. » Le maintenancier de demain doit être un excellent mécanicien avec des compétences ajoutées au fur et à mesure. Cela est encore plus vrai demain avec les nouvelles technologies, l’automatisme, les objets connectés, l’électronique et l’informatique. De plus, la maintenance est un métier en tension avec une réelle pénurie de main-d’œuvre comme les techniciens de maintenance. Une conscience générale permet désormais de former plus de personnes dans les centres de formation et en intégrant les besoins de filières dès la définition de la formation. Un technicien dans l’agroalimentaire n’aura pas forcément les mêmes capacités techniques et les mêmes besoins qu’un autre technicien dans une autre filière du marché. Si il y a une base commune, il existe des spécificités qu’il faut ajouter au fur et à mesure. M&E : QUELS SONT LES ENJEUX DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE DANS LA RÉGION ? B.B. : Voici les enjeux : la montée en compétence des personnes en maintenance et les échanges de bonnes pratiques. La maintenance est un vrai métier avec un besoin d’expertise technique pluridisciplinaire (mécanique, automatisme et informatique). De plus, il faut un comportement particulier avec une grande disponibilité et réactivité. Après, cela vient du terrain avec l’importance de l’alternance dans la formation. Donc le frein n°1 est le recrutement. Après, l’évolution des métiers industriels fait que les pilotes de ligne sont les opérateurs de maintenance de premier niveau. Donc il est important d’avoir une culture de maintenance au sein de toute l’entreprise. Après, il y a un besoin de cadre lié à la maintenance avec des vraies compétences. Enfin, la maintenance est un levier de compétitivité fort et cela doit devenir demain une source de productivité, notamment par l’intégration de nouvelles technologies. 2. https://www.observatoire-metallurgie.fr/analyses-previsions/etat-deslieux-et-analyse-prospective-emploi-formation-region-hauts-de-france. Nous avons des données de l’Industrie du Futur comme la data. La donnée qu’on aura dans une entreprise sur la maintenance sera très importante parce-que cela permettra de mieux comprendre le process. Par exemple, sur ces données, les problématiques seront la big data et la cybersécurité. Des métiers connexes à la maintenance devront alors se développer. Enfin, nous avons organisé une journée sur la maintenance à l’industrie du Futur à Douai en septembre dernier. M&E : QUELLES SONT LES TENDANCES EN MATIÈRE DE FORMATION ? B.B. : La volonté actuelle est d’aller vers des métiers de plus en plus forts et l’alternance. Nous avons la volonté de s’orienter vers les CFAI 3 . Le secteur de la formation dans les Hauts-de-France est découpé en 2 avec des structures différentes. Par exemple, des formations de type BTS sont assurées par Promeo en Picardie. De plus, des écoles d’enseignement supérieur comme le Cesi, l’Ensam et l’UTC forment à la maintenance. Il existe aussi beaucoup de la formation interne au sein des entreprises afin que les opérateurs montent en compétences sur la maintenance de premier niveau. Par ailleurs, les techniciens en maintenance sont généralement formés en alternance dans les CFAI. En outre, il y a une volonté forte que des ingénieurs en maintenance viennent du terrain. Enfin, il y a une véritable conscience de travailler sur la formation des demandeurs d’emploi et les jeunes sur les métiers de maintenance. La maintenance du futur est un sujet qui intéresse Cap Industrie et nos collègues des filières. Nous sommes en train de mener une réflexion à propos de la plateforme sur la maintenance du futur. Il faut, en effet, mieux connaitre les travaux de recherche et d’innovation et mieux comprendre les technologies pour préparer les opérateurs à ces nouvelles technologies. Il faut donc former plus de techniciens de maintenance car il existe une véritable demande des entreprises. Enfin, une moyenne de 5500 professionnels par an sont recrutés dans la métallurgie sur les Haut-de-France. Ainsi, dans la région, environ 10 000 recrutements sont effectués par an dans l’industrie pour tous les niveaux de compétences mais tous ces emplois ne sont pas tous pourvus. M&E : QUELS SERVICES PROPOSEZ-VOUS AUX PROFESSIONNELS DE LA MAINTENANCE INDUSTRIELLE ? B.B. : La collaboration entre la CCI, l’IUMM, le Cetim, la FIM permet d’avoir 4 champs de compétences différents. On se dirige vers le transfert de technologie avec une identification des start- 3. Centre de formation d’apprentis. MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°652 • Janvier - Février - Mars 2019 I29

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