Maintenance & Entreprise n°632

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Maintenance expo 2013

Préventif est repris

Préventif est repris dans le présent ouvrage aux côtés des analyses des accidents de Bhopal, de Three Mile island, de la navette Challenger ou encore du ferry Herald of Free Entreprise. De la recherche à la formalisation Voici donc tracé rapidement le parcours de ‘L’erreur humaine’. D’une certaine manière, on y trouve le récit indirect de la façon dont une carrière académique se développe. Les divers sujets de recherche engagés au fil des années servent de sondes dont l’écho renseigne le chercheur sur sa propre motivation à poursuivre le travail, ou bien son attrait pour d’autres sujets. Peu à peu, de sujet en sujet, l’éventail des routes possibles se rétrécit et le début d’un long chemin de recherche se trace. De ce point de vue, le parcours de ‘L’erreur humaine’ et de James Reason renseignent sur un autre aspect du monde de la recherche : le temps. Les avancées d’une carrière se font par petits sauts, lentement, sur des durées de plusieurs dizaines d’années. En tant que lecteur, la clarté de l’exposé aveugle. On ne distingue plus les traces des années de travail. Il n’en reste que les effets visibles : la synthèse et la limpidité du discours. Cependant, le sujet lui-même est un classique du questionnement académique. La recherche des causes des erreurs humaines est une question a minima multi-centenaire. Dans l’imaginaire collectif, ce sujet renferme son lot de secrets, de phénomènes enfouis dans les profondeurs de l’insondable nature humaine. Pour autant, maîtriser les causes d’erreurs est toujours un enjeu majeur pour l’industrie. La bonne nouvelle est que, sur ce front, cet ouvrage a fait énormément progresser. Le paradigme de l’erreur humaine L’erreur humaine est un terme connu. Tous les médias, l’utilisent. Est-ce pour cette raison qu’il est passé dans le langage courant ? Peut-être. Mais sans doute pas par simple effet de diffusion. En effet, un phénomène porteur pour le terme ‘erreur humaine’ a été l’exposition médiatique croissante dont ont bénéficié les grandes catastrophes industrielles. Ces dernières sont aujourd’hui des faits marquants qui ponctuent la vie sociale et industrielle. Elles deviennent souvent des balises culturelles, des produits pédagogiques utilisés dans les salles de cours, des documentaires télévisés, elles servent de support à des fictions… La liste serait longue mais le point qui nous intéresse ici est la place donnée à l’enquête, à la recherche des causes. Ce point de vue est en partie dû à James Reason. Là où l’héritage industriel était celui de l’évitement des pannes techniques et du suivi des procédures, James Reason a contribué à faire se rejoindre les domaines des facteurs psychologiques et organisationnels afin de comprendre les grands accidents. Si la notion d’erreur humaine est aujourd’hui populaire, elle contient tout de même quelques limites que James Reason met en lumière dans l’analyse des accidents située à la fin de l’ouvrage. Une de ces limites est que la cause des accidents est, au moins en partie, l’humain. C’est une limite car le terme brut ‘erreur humaine’ ne dit rien des décisions managériales qui ont créé les conditions propices à son apparition. Ce terme brut ne dit rien non plus des facteurs de contexte pathogènes qui ont agi sur l’opérateur à l’origine de l’erreur humaine. Démystifier ces deux points aura été une des contributions scientifiques majeures. Depuis, cette idée a fait son chemin dans les milieux de la sécurité industrielle : les catastrophes sont des évènements qui combinent de multiples chaînes causales, distribuées dans le temps, et combinées en un contexte pathogène. La combinaison ainsi obtenue crée les conditions requises pour qu’une défaillance individuelle mette en péril une centrale nucléaire, une navette spatiale ou un ferry. C’est la pierre angulaire de l’ouvrage, présentée sous la forme du « Swiss cheese model ». Pour tous les accidents présentés ici, l’auteur offre cette interprétation. Au fil du temps, ce sens donné aux catastrophes est devenu l’apport remarquable et fondamental des travaux de James Reason. C’est aussi devenu un des fondements de la vision moderne des grands accidents. (tiré de la préface à la deuxième édition par Franck Guarnieri et Denis Besnard ; les sous titres sont de la rédaction) COMPRENDRE LES SYSTÈMES INDUSTRIELS À RISQUES Dans son approche des accidents majeurs, « L’erreur humaine » enjambe le fossé disciplinaire qui sépare les théories psychologiques des acteurs de la fiabilité des technologies à risques. Peu d’ouvrages s’adressent avec une telle clarté à la fois aux théoriciens et aux praticiens de la fiabilité humaine. Outre les étudiants, les managers de formation technique ou d’ingénieur apprécieront cette approche psychologique appliquée à l’industrie et à la gestion de la sécurité industrielle plaçant les facteurs humains au cœur de l’analyse des accidents. Le Swiss cheese model a été largement adopté chez les managers de l’industrie. Il repose sur l’idée que, comme les trous dans le fromage de gruyère, chaque strate d’une politique de sécurité (une tranche du gruyère) comporte des failles, le plus souvent humaines et imprévisibles : l’accident se produit par l’accumulation fortuite de ces trous ou défaillances humaines dans plusieurs strates successives du plan de sécurité (on parle aussi de « l’effet cumulatif » - cumulative act effect - de la défaillance). Mais J. Reason explique cela encore mieux… 56 Octobre-Novembre-Décembre 2013 – N°632

Maintenance tertiaire Gestion technique du bâtiment > Spécial Interclima Elec 2013 L’entrée en vigueur de la RT 2012 et le renchérissement du prix de l’énergie favorisent le recours à une gestion technique du bâtiment plus sophistiquée. L’application progressive de la RT 2012 impose de plus en plus des produits permettant la programmation horaire. « Cette base constitue un progrès mais seuls sont retenus les produits d’entrée de gamme qui, pour la plupart, ne permettent pas une évolution vers les systèmes de GTB », regrette Dan Napar, président du syndicat ACR qui regroupe les professionnels des Automatismes, du génie Climatique et de la Régulation pour l’Efficacité Énergétique des Bâtiments. Le syndicat ACR relève en revanche plusieurs points positifs dans l’application intégrale de la RT 2012 qui a fait l’objet de l’Arrêté du 28 Décembre 2012 (JO du 1er Janvier 2013). Le TITRE III de l’Arrêté, "Caractéristiques Thermiques et Exigences de Moyens", précise les conditions techniques minimales nécessaires pour que la méthode mathématique conventionnelle se rapproche de la réalité. Et plusieurs articles importants se réfèrent explicitement à la Régulation et à la GTB : • Art. 22 : "Dans les bâtiments ou parties de bâtiment, une installation de chauffage comporte par local desservi un ou plusieurs dispositifs d’arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure de ce local." • Art. 23 : "Dans les bâtiments ou parties de bâtiment, toute installation de chauffage desservant des locaux à occupation discontinue comporte un dispositif de commande manuelle et de programmation automatique au moins par une horloge permettant : • une fourniture de chaleur selon les quatre allures suivantes : confort, réduit, hors gel et arrêt • une commutation automatique entre ces allures." • Art. 24 : "Dans les bâtiments ou parties de bâtiment, les réseaux collectifs de distribution à eau de chauffage ou de refroidissement sont munis d’un organe d’équilibrage en pied de chaque colonne. Les pompes des installations de chauffage et des installations de refroidissement sont munies de dispositifs permettant leur arrêt." • Art. 25 : "Dans les bâtiments ou parties de bâtiment, tout local est équipé d’un dispositif d’allumage et d’extinction de l’éclairage manuel ou automatique en fonction de la présence." La certification eu.bac et les Réglementations Thermiques successives ont une influence grandissante sur le marché de la Régulation et de la GTB. Dan Napar, président du syndicat ACR Diminuer les consommations par des mesures plus fines Entre la RT 2005 et la RT 2012, l’influence de la précision de la régulation dans les calculs de consommation a doublé. Ceci est dû à la nouvelle référence de la consommation, abaissée à 50kWhep/m²/an suivant la RT 2012 en lieu et place de plus de 100kWh/m²/an pour la RT 2005. M. Napar constate que le marché énergétique du bâtiment tend de plus en plus à devenir un marché de mise à jour, de modernisation et de rénovation. À terme, le marché du neuf ne devrait représenter qu’un faible pourcentage du marché de l’efficacité énergétique qui exige de porter les efforts de de réduction de consommation avant tout dans le parc existant. Les études de l’ADEME montrent par exemple que la régulation et la GTB sont des facteurs déterminants dans l’efficacité énergétique active, le temps de retour sur investissement de ces investissements étant relativement réduit (de quelques mois à quelques années) avec des économies d’énergie de 30 à 40%. Par comparaison, le retour sur investissement de l’isolation des murs et du remplacement des fenêtres est bien plus long, de 15 à 25 ans pour atteindre un même pourcentage d’économie d’énergie. Octobre-Novembre-Décembre 2013 – N°632 57

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