Views
1 year ago

Maintenance & Entreprise n°625

  • Text
  • Gmao
  • Besoins
  • Afin
  • Travail
  • Produits
  • Solutions
  • Gestion
  • Mars
  • Ainsi
  • Maintenance
Pourquoi les arrêts sont incontournables

Maintenance électrique SIRMELEC > Un acteur essentiel du tissus industriel français Le Sirmelec regroupe les entreprises de service et les professionnels de la maintenance et de la réparation de matériel électrique. Rencontre avec Georges Redregoo, Président de la société RME et du groupement professionnel. Pouvez-vous nous rappeler l’histoire et les objectifs de votre organisation ? Georges Redregoo. Pour remonter aux origines, le SIRMELEC est la continuation de ce qui était anciennement la Fédération Nationale des Réparateurs de Matériel Electrique. Cette profession s’est toujours inscrite dans l’histoire plus vaste du monde industriel électrique. En effet, elle constituait le groupe 26 du Syndicat Général de la Construction Electrique, fondé en 1925, devenu depuis la FIEEC (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication). On pourrait même remonter cette filiation jusqu’au Syndicat Professionnel de l’Industrie Electrique, fondé en 1879 ! Cette permanence historique porte la légitimé de notre groupement pour rassembler et représenter le secteur, très atomisé, des entreprises de service et de maintenance de matériel électrique. Elle nous permet également d’utiliser des canaux de communication bien consolidés au sein de l’industrie électrique et plus largement. Aujourd’hui, le SIRMELEC est le produit de cet héritage, sur lequel il convient de capitaliser, mais est également résolument tourné vers l’avenir. Ses adhérents représentent une profession avec un savoir-faire riche et irremplaçable. Il s’agit là de métiers à forte valeur ajoutée technique et qui occupent le centre de la chaîne de production industrielle. Est-il besoin de rappeler à quel point la maintenance préventive du matériel électrique évite de nombreux arrêts de production et combien la rapidité et la fiabilité de maintenance curative sont nécessaires pour le bon fonctionnement industriel… Quels sont les axes d’actions et les projets du Sirmelec ? G. Redregoo. Actuellement, nos actions se déclinent selon ces grands axes : • Assurer la pérennité de nos métiers en menant des actions fortes en termes de formation (initiale et continue) et d’attractivité auprès des jeunes publics. Attirer ces jeunes vers nos professions puis former nos salariés aux évolutions de celles-ci sont des enjeux majeurs pour nos entreprises. Nous avons noué, en ce sens, un partenariat avec des centres de formations tel que le GRETA industriel de Lyon ou l’ICAM à Nantes qui maintiennent une formation d’électro-bobinier. • Inciter les entreprises de notre secteur à s’inscrire dans une démarche de prévention des risques au travail et les accompagner dans cette démarche. Nous multiplions les partenariats avec les principaux organismes certificateurs et les actions en ce sens, à l’instar d’un grand colloque-débat, organisé en mars dernier, pour présenter les différents outils de prévention des risques au travail à disposition de nos entreprises. • Inscrire la profession dans le grand mouvement de l’efficacité énergétique. Il est primordial de valoriser les nombreux atouts de notre profession et de mettre en lumière son rôle dans l’optimisation énergétique, mais aussi économique, des processus industriels, notamment des systèmes d’entrainements. Nous sommes en train de finaliser une étude sur l’impact environnemental de notre profession et de déterminer les différents leviers grâce auxquels notre profession peut apporter des solutions adaptées et efficaces au besoin de ses clients en termes de gains d’efficacité énergétique. Une grande conférence-débat sera organisée, au mois d’avril, sur cette thématique du rôle de la maintenance et de la réparation dans l’optimisation énergétique des process industriels. En particulier, le SIRMELEC dénonce l’idée de la perte de rendement supposée des moteurs rebobinés. Sur la base d’études solides, nous sommes en mesure de prouver que le rebobinage d’un moteur, réalisé dans les règles de l’art, n’a aucun impact sur son rendement. • Consolider et enrichir en permanence les « bonnes pratiques » de la profession reprises sous forme de chartes et garantissant aux clients une prestation de qualité optimale. Ne sont adhérentes au SIRMELEC que les entreprises qui partagent ces valeurs communes de qualité et d’engagement collectif. 46 Mars 2012 - N°625

Maintenance électrique L’adhésion à la FIEEC nous permet de bénéficier de services à haute valeur ajoutée et d’en faire bénéficier à nos membres. Ces services peuvent être juridiques (avec par ex. la rédaction de conditions générales de prestation de services et/ou de vente de la profession), environnementales (pour aider les entreprises à se repérer dans le maquis de la réglementation), techniques (avec un accès privilégié aux instances de normalisation de la profession – UTE), économiques (avec des dispositifs mis en place tels que l’Indice de confiance de la profession pour mesurer la perception du climat économique par les entreprises du secteur, ou l’accès privilégié à des études sur l’avenir économique de la profession) ou encore dans le domaine international… Quels sont aujourd'hui les thèmes d'intérêt ou de préoccupation des professionnels du Sirmelec ? G. Redregoo. Aujourd’hui, notre attention est particulièrement focalisée sur la question environnementale vue sous le double prisme de notre propre impact et de l’apport que notre profession peut fournir pour améliorer l’efficacité énergétique des clients. C’est, à n’en pas douter, notre grand sujet pour l’année prochaine comme pour l’ensemble de l’industrie. L’entrée en application cet été de la directive ERP qui interdit la mise sur le marché et la mise en service de moteurs de rendements inférieurs à IE2, et dont un nouveau volet sera applicable en 2015, est un signe fort que cette problématique est présente à moyen/long terme tant au niveau national qu’européen. Compte-tenu de la position de notre profession, de sa proximité avec ses clients, de sa connaissance parfaite de leurs besoins et de leurs installations, notamment leurs systèmes d’entraînements, les réparateurs de matériel électrique ont une plus-value majeure dans l’optimisation énergétique et économique de l’industrie. Aussi, il est très important que chaque entreprise du secteur prenne conscience de son rôle et soit en mesure de le valoriser auprès de ses clients. La formation est le deuxième grand sujet de notre profession : nous devons tout mettre en œuvre pour faire connaître nos métiers et inciter les jeunes à y venir. Nous sommes dans une situation où beaucoup d’entreprises du secteur ne trouvent pas de salariés formés et compétents alors qu’ils auraient des possibilités d’embauche. Cela limite même quelquefois des projets d’extension de l’activité : il faut absolument y remédier et nous y travaillons par divers moyens. Comment évoluent les besoins et exigences de vos clients et vos relations avec les donneurs d'ordre ? IG. Redregoo. Nos entreprises s’adressent à toute l’industrie. Il y a donc un grand contraste de clients et de comportements. Globalement, les exigences des clients sont de plus en plus nombreuses sur des sujets aussi divers que les prix, la sécurité et la qualification des personnels intervenants, les problématiques environnementales, etc. Notre secteur, c’est du moins les valeurs qui fondent l’adhésion au SIRMELEC, est un secteur responsable qui prend les devants sur la plupart de ces sujets. C’est par la qualité de nos travaux, la prise en compte des exigences légitimes en termes de sécurité, notre apport sur l’efficacité énergétique que nous souhaitons nous démarquer. Sur plusieurs de ces sujets, les entreprises du SIRMELEC sont sensibilisées par leur groupement professionnel avant même que le sujet ne devienne une exigence du client. Concernant les relations commerciales, il est évident qu’en temps de crise, elles ont tendance à se tendre. Le rôle du SIR- MELEC est de délivrer à ses entreprises des informations juridiques précises sur le caractère légal (ou non) des pratiques du partenaire commercial. Nous avons également des Conditions Générales de la profession qui reflètent ce qui est communément accepté par notre secteur. Cette action d’information juridique est très importante car elle permet à chaque entreprise de se prévaloir de la loi, en cas de demandes illégales, et des conditions de la profession en cas de demandes excessives. Le reste relève de leur capacité de négociation… Enfin, il est un message que nous faisons régulièrement passer aux donneurs d’ordres, notamment par le biais de la FIEEC. Il consiste à expliquer qu’on ne met pas impunément en péril une entreprise prestataire en la soumettant à une pression et à des conditions trop dures. Car la perte de compétences est irréversible. Et le calcul court-termiste qui conduit à maintenir ses partenaires sous une pression déraisonnable s’avère contre productif pour tous, mettant en péril le maintien de toute activité industrielle. Si le président du Sirmelec était amené à rencontrer un candidat à l'élection présidentielle, quelles questions aimerait-il lui poser ? G. Redregoo. Le message le plus important à transmettre à nos décideurs politiques est que l’industrie et les services qui y sont associés sont les joyaux de la Couronne. S’il n’y avait qu’une question à poser aux candidats, ce serait : « Savezvous qu’un savoir-faire perdu en quelques jours lorsque cesse une production industrielle, nécessitera des années de formation pour être récupéré, si tant est qu’il peut l’être ? ». Le maintien et le développement de sites et d’emplois industriels sur le territoire national est un enjeu majeur pour une profession telle que la nôtre dans la mesure où notre activité est directement liée à la présence d’installations industrielles. Il est essentiel, pour que notre pays tienne son rang, que l’industrie demeure au centre de nos ambitions car elle constitue un vecteur de création de richesses et d’emplois et permet de structurer nos territoires. Concrètement, il convient de définir une stratégie industrielle avec l’ensemble des acteurs puis de la mettre en œuvre en s’attachant à l’efficacité réelle de chaque mesure décidée et quel qu’en soit le domaine (fiscal, social, environnement). Les maîtres mots sont stabilité, investissements, cohérence. Porteur d’un tel message, le SIRMELEC a participé à l’élaboration du document « 2012-2017 – Le temps de l’Ambition » qui présente les propositions de l’ensemble du secteur électrique, électronique et de communication. La FIEEC a présenté ce document aux principaux candidats à la présidentielle ainsi qu’à l’ensemble des décideurs politiques (ministères, administrations, parlementaires) et économiques. Propos recueillis par J.-F. R. Mars 2012 - N°625 47

Maintenance et entreprise - Découvrez la revue en version digitale

Pour vous abonner, joindre la rédaction, communiquer dans la revue ou simplement avoir plus d'informations sur votre métier, rendez-vous sur notre site internet :

www.maintenance-entreprise.com