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Maintenance & Entreprise n°623

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Dossier : Maintenance et industrie nucléaire

Maintenance nucléaire Prestataires > Les entreprises de maintenance du parc nucléaire Si la maintenance quotidienne du parc nucléaire est assurée par ses équipes internes, EDF confie jusqu’à 80% des opérations des arrêts programmés à des entreprises prestataires. Une sous-traitance qui implique un partenariat poussé sur tous les plans, technique et économique naturellement mais aussi social, environnemental et de la santé. 18 Un réacteur nucléaire fonctionne en continu, il est cependant nécessaire de l’arrêter tous les 12 ou 18 mois (selon le type de réacteur) pour recharger son combustible et réaliser la maintenance de toutes les installations. Il existe trois types d’arrêts programmés : l’arrêt pour simple rechargement (ASR) du combustible, la visite partielle (VP) consacrée à la fois au rechargement du combustible et à un important programme périodique de maintenance. Enfin, la visite décennale (VD) inclut, en plus du programme de la VP, des contrôles approfondis et réglementaires des principaux composants que sont la cuve du réacteur, le circuit primaire et l’enceinte du bâtiment réacteur. Depuis le démarrage de son parc nucléaire, EDF confie la majorité de cette activité de maintenance, lors des arrêts de réacteurs, à des entreprises sous-traitantes. Chaque année, quelques 20 000 salariés extérieurs sont ainsi mobilisés pour ces travaux (dont 17 500 interviennent en zone nucléaire). Ils travaillent aux côtés des 9 500 salariés d’EDF qui assurent la maintenance au quotidien des unités en fonctionnement, la préparation, le pilotage et la vérification de la bonne exécution des interventions durant les arrêts programmés pour maintenance. En 2010, les entreprises prestataires ont assuré 80 % du volume de temps consacré à la maintenance des unités en arrêt par la Division production nucléaire d’EDF, ce qui représente 28 millions d’heures travaillées Juillet-Août-Septembre 2011 - N°623 et un chiffre d’affaire de 1,4 milliard d’euros. Le niveau d'activités soustraitées est stable depuis plusieurs années. Néanmoins, EDF actualise régulièrement sa politique industrielle afin de s'adapter au mieux aux compétences disponibles et ainsi garder la maîtrise de son outil industriel. Cela s'est traduit par exemple par la ré-internalisation récente de certaines activités de maintenance comme la robinetterie ou la chaudronnerie. Des compétences rares et une importante main d’oeuvre saisonnière Les opérations de maintenance réalisées lors des arrêts de réacteur font appel à des compétences rares dans des métiers tels que la chaudronnerie, la robinetterie, la réparation, l’expertise et la logistique. Seuls des constructeurs et des entreprises spécialisés, qui travaillent aussi pour d’autres industriels, peuvent mettre à disposition ces compétences spécialisées, acquises et entretenues en permanence. Les arrêts de réacteurs sont réalisés pour la plupart, sur une période de 8 mois, entre mars et octobre, période pendant laquelle la demande en électricité est la moins forte. Cette saisonnalité demande, dans des délais courts, un apport très important de main d’oeuvre qualifiée. Une sous-traitance sous contrôle Ainsi, une visite décennale nécessite l’intervention de près de 1600 salariés dans les différents métiers. Seules des entreprises spécialisées peuvent mobiliser très rapidement les compétences nécessaires pour répondre à ce défi, mais aussi proposer, en dehors de cette période de travail pour EDF, des missions pour d’autres entreprises. DR

Maintenance nucléaire Conformément à sa stratégie, EDF conserve la maîtrise technique et industrielle de ces opérations de maintenance, comme cela est le cas pour la construction et l’exploitation de son parc nucléaire. La maintenance est une activité fortement réglementée soumise à des procédures strictes et à de nombreux contrôles internes et externes (droits du travail, suivi et contrôles dosimétriques, suivi médical, …). Cette réglementation donne un cadre à la réalisation des interventions confiées à des entreprises qui doivent justifier d’une qualification particulière obligatoire pour travailler sur le parc nucléaire. Les équipes d’EDF définissent les travaux à réaliser et vérifient leur bonne exécution tout au long des interventions. Sur chaque chantier, un spécialiste EDF examine et évalue le niveau de réalisation des interventions effectuées par les entreprises, valide ou refuse la prestation. Des fiches d’évaluation de la prestation (FEP) sont établies par les chargés de surveillance d’EDF pour chaque chantier, suivies annuellement d’une synthèse globale pour chaque entreprise prestataire. Un bilan annuel réalisé avec chaque entreprise prestataire permet de décider du maintien, voire de la suspension temporaire ou du retrait définitif de la qualification de ces entreprises. Par ailleurs, les inspections externes (Autorité de sûreté nucléaire) et internationales sont fréquentes. Tout en garantissant un contrôle permanent, elles apportent une vision externe très utile. Charte de progrès et de développement durable La collaboration entre EDF et les prestataires a incité EDF et les organisations professionnelles de ces entreprises (regroupées par corps de métiers : logistique, électricité, chaudronnerie…) à formaliser et établir un cadre de partenariat et à engager côte à côte un travail commun d’amélioration. C’est ainsi qu’EDF et neuf organisations professionnelles ont signé en 1997 la première version d’une Charte de progrès, devenue en 2004 la Charte de progrès et de développement durable signée maintenant par 13 organisations professionnelles. Cette charte fixe des principes de transparence en ce qui concerne le choix et la sélection des entreprises, la consultation et l’attribution des marchés, la surveillance des entreprises, la formation des intervenants. Elle engage les signataires à mettre en oeuvre tous les moyens pour faire progresser la radioprotection des intervenants, réduire la dosimétrie individuelle et collective, améliorer dans la durée les conditions de travail et de vie des salariés. Pour suivre l’application des principes édictés par la charte et proposer des actions d’amélioration, des réunions de suivi se tiennent régulièrement. Composé de 6 membres, le comité d’éthique du groupe EDF, veille à la prise en compte de la réflexion Juillet-Août-Septembre 2011 - N°623 19

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