Maintenance & Entreprise n°608

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Focus / Sécurité au

Focus / Sécurité au travail > Entretien Trois questions à… Antoine Fabre, délégué général du SYNAMAP Le SYNAMAP est devenu récemment, sous le nouveau développement de son acronyme, le « Syndicat national des acteurs du marché de la prévention et de la protection ». Antoine FABRE, DESS en droit et en science-politique, est entré au SYNAMAP en 2007, organisation dont il devient le délégué général en juin 2008. M&E. La réglementation est un facteur important en faveur du développement des EPI : est-elle satisfaisante ou devrait-elle être renforcée sur certains points ? Quels sont les « chantiers » réglementaires en cours ? Antoine Fabre. Le champ économique des entreprises adhérentes du SYNAMAP est incontestablement déterminé par l’ensemble des dispositions, réglementaires ou législatives, qui fondent, développent ou optimisent le principe de la protection de l’homme au travail. On peut même affirmer, de ce point de vue, que les entreprises françaises bénéficient d’un avantage concurrentiel historique dans la mesure où elles ont intériorisé très tôt les fondements d’une « culture sécuritaire » qui s’est développée dans notre pays dès le x i x e siècle. Aujourd’hui, les activités de nos professionnels sont encadrées par deux directives européennes inspirées par la théorie de la « nouvelle approche ». Très schématiquement, le principe de la nouvelle approche est le suivant : la Directive se borne à fixer des exigences essentielles de sécurité, et l’évaluation de la conformité de nos produits (aux susdites exigences essentielles) est renvoyée à des organismes notifiés qui, pour ce faire, s’appuient principalement sur des référentiels techniques, à savoir les normes. Cette théorie de la « nouvelle approche » est en cours de révision et le SYNA- « La contrefaçon est une dérive économique criminogène et la politique de surveillance, encore embryonnaire, doit être renforcée » MAP est extrêmement vigilant à ce sujet dans la mesure où il estime, et il n’est pas le seul, que le processus normatif doit être impérativement rationalisé. La révision des directives EPI, qui succédera à la révision de la nouvelle approche, sera bien évidemment l’un des autres chantiers réglementaires au sujet duquel la vigilance du SYNAMAP sera sans défaut. À cet égard, nous ferons tout notre possible pour que ces révisions à venir apportent à nos professionnels les légitimes clarifications qu’ils attendent sur la portée juridique des référentiels techniques, aussi bien que sur la rationalisation du processus normatif. M&E. Dans une économie mondialisée, quelles sont les forces et les faiblesses de nos entreprises nationales ? La contrefaçon estelle jugulée ? A. Fabre. Les entreprises françaises, dans le domaine des EPI, sont unanimement reconnues par leurs concurrentes étrangères comme économiquement performantes, politiquement responsables et socialement éthiques. Le leader mondial est français et notre tissu économique est composé de PME d’exception. Nous ne vivons donc pas la globalisation des échanges sur un mode anxiogène. La mondialisation est une réalité à laquelle nos adhérents s’adaptent et il n’est pas rare de constater à l’export que le principal concurrent d’une entreprise française est une autre entreprise française. C’est là une 40 M & E - N°608 - Novembre 2008

« Le processus normatif doit être rationalisé » réalité industrielle dont nos gouvernants n’ont que trop peu conscience… Quant à la contrefaçon, c’est une dérive économique criminogène qui n’épargne malheureusement personne et tous les produits en sont victimes. Ce triste constat est en partie lié au caractère embryonnaire de la politique de surveillance du marché en Europe. Il faut donc souhaiter, d’une part, que les orientations que formule le nouveau Règlement CE se traduiront, à compter de 2010, par des progrès concrets dans un domaine que tous nos industriels jugent particulièrement sensible et que, d’autre part, les pouvoirs publics nous aident à bâtir, dans la concertation et la transparence, un champ économique plus stable et plus respectueux du droit positif. M&E. Le SYNAMAP a récemment changé d’intitulé : quelles sont aujourd’hui les enjeux et les défis du syndicat et quels moyens a-t-il d’y faire face pour soutenir les entreprises ses adhérentes ? A. Fabre. Le marché de la prévention et de la protection de l’homme au travail a connu des bouleversements importants ces dernières années. De nouveaux acteurs sont apparus : installateurs, sociétés de formation, etc. Le droit positif s’est complexifié. La production normative s’est accélérée. Peut-être à l’excès. Des lignes anciennes se sont déplacées, les mentalités ont changé et de nouveaux territoires se dessinent. Le SYNAMAP se devait d’en tenir compte. Or, la déclinaison initiale de notre acronyme, « Syndicat national des articles et matériels de protection », pouvait laisser supposer que notre organisation se situait dans une stricte logique de produit. Le changement, opéré récemment à l’initiative du président Bernard Cuny, présente donc l’avantage de nous placer définitivement dans une logique de « marché »… Un marché nouveau et protéiforme dont le SY- NAMAP, qui est devenu le « Syndicat National des acteurs du marché de la prévention et de la protection », entend appréhender toute la réalité. L’ambition du SYNAMAP pour les années à venir sera de parvenir, en accord avec l’ensemble des instances concernées (Commission européenne, pouvoirs publics français, Afnor, CNMATS, etc.), à ce que nos professionnels soient en mesure d’évoluer dans un espace économique européen transparent et harmonisé, normativement rationnel, et juridiquement stable. Quant à nos moyens, ce sont ceux d’une organisation professionnelle dynamique, volontaire, cultivant une relation de proximité avec ses adhérents, et libre de sa parole. Propos recueillis par Jean-François Romain

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