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Maintenance & Entreprise n° 628

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Spécial maintenance expo 2012

GMAO Presse et

GMAO Presse et imprimerie > Gérer l'urgence au quotidien Le monde de la presse et de l'imprimerie est un parfait exemple des contraintes pesant sur l’industrie de type process. La problématique majeure est de pouvoir maîtriser l’évolution de la production, et ce, quasiment en temps réel, afin d’avoir une haute réactivité. Un défi relevé avec la GMAO. Les enjeux logistiques du secteur de la presse, au regard des délais d’impression et de livraison, du coût des matières premières, de l’entretien des machines et de la conduite des process automatisés nécessitent la mise en place d’une GMAO, outil stratégique en matière de maintenance sur des équipements particuliers de haute technicité. L'espace productif d'un quotidien se singularise par le caractère particulier du travail en situation d'urgence, qui pénètre tous les groupes d’activité de l’entreprise pour aboutir à la diffusion du journal auprès des lecteurs. Par définition le quotidien est un "produit frais", dont la durée de vie n’excède pas les 24 heures de sa parution. Puisque le quotidien parle de lui-même, il est également périssable : la vitesse d'acheminement et la ponctualité de livraison sont fondamentales pour assurer la régularité de mise à disposition du lecteur. Une planification rigoureuse Afin que le journal soit disponible très tôt le matin en kiosque ou chez l’abonné à l’heure du café crème, la gestion du process de fabrication et l'organisation de la production donnent lieu à une planification rigoureuse qui supporte très mal la moindre anicroche. C'est dire le rôle essentiel que jouent les équipes de maintenance qui, au cœur du process, assurent, avant, pendant, et après, le bon fonctionnement de la production, prêtes à parer tout incident. Des contrariétés essentiellement techniques - telles que le papier qui casse ou une pièce qui lâche par exemple - pour lesquelles tout arrêt momentané de la production ne saurait être permis. Au final, tout va dépendre de la réactivité des équipes d’entretien et de la planification de la maintenance. Ici comme ailleurs sur d'autres segments du process, rien ne peut être laissé au hasard. Outre les matières premières fragiles qu'ils manient, les hommes de la maintenance dépendent de plus en plus, dans cet espace, de l’entretien des outils machines de grandes fiabilités qu'ils utilisent, dont les gains indéniables qu'ils produisent n'excluent pas certaines règles de fonctionnement. Le matériel d’imprimerie Les installations du Journal Sud Ouest (rotatives et chaînes de conditionnement et d’expédition) présentent des spécificités importantes à prendre en compte dans la GMAO : cadences de fonctionnement très élevées (défilement du papier à environ 60 km/h et cadence de production de 86 000 exemplaires par heure), durée de vie accrue et grande robustesse. En raison du grand nombre d’éditions locales du quotidien, soit 21 éditions diffusées dans huit départements du Sud-Ouest de la France, de nombreux changements de plaques d’impression sont réalisés sur les machines, compliquant la productivité. Deuxième quotidien régional français de par sa diffusion, le journal Sud Ouest est un utilisateur « historique », depuis 1989, de la solution Coswin de Siveco. A l’origine, la GMAO était utilisée par le service de maintenance avant de s’ouvrir progressivement à d’autres services. En 22 ans de fidélité, Sud Ouest a suivi l’évolution des versions logicielles de l’éditeur. Un service stratégique au cœur du process Le centre d’impression de Sud Ouest situé quai de Brazza à Bordeaux, bâti sur trois niveaux, pour une superficie de 17 000m2, assure depuis le 15 décembre 2001 l’ensemble de la production du journal. Exclusivement industriel, il sert au stockage de papier brut, à l’impression des journaux et à leur expédition. Le site regroupe 250 personnes parmi les services suivants : les rotatives, le service expédition, le service méthodes, le service informatique, la maintenance, le magasin et le garage. 20 Octobre-Novembre-Décembre 2012 – N°628

GMAO Une équipe de 50 techniciens et soustraitants est chargée quotidiennement d’assurer et de coordonner les opérations de maintenance du Journal Sud Ouest. Le département maintenance est subdivisé en trois services distincts : deux équipes opérant de jour, l’une pour l’entretien mécanique et l’autre pour l’entretien électrique, et une équipe de nuit mixte qui regroupe les deux entités. Pour ce qui est du service méthodes, il gère tous les achats consommables de l’imprimerie : de l’encre aux pièces détachées jusqu’au papier. « Notre problématique d’entretien des machines réside dans le croisement des équipes, explique Gilbert Gavello, Adjoint Responsable Méthodes. En fait, l’équipe d’entretien de jour a pour objectif d’assurer la mise à disposition des installations c’est-à-dire qu’elle réalise les interventions sur les machines, dont le nettoyage des rotatives, avant de quitter les locaux en début d’après-midi. L’équipe de nuit, quant à elle, arrive progressivement en fin de journée. Son rôle est d’assurer le dépannage d’urgence et le constat technique des défaillances via les demandes d’intervention qui seront réalisées le lendemain.» Les dépenses de maintenance se partagent entre la maintenance corrective qui doit faire face à l'usure du matériel et ses avaries, et la maintenance préventive effectuée pour réduire l'usure et prolonger la durée de vie des installations. Comme l’explique Gilbert Gavello, « le challenge du journal est de tout mettre en œuvre en journée pour qu’il n’y ait pas d’arrêt de 23h30, heure à laquelle l’impression démarre, jusqu’à 4h00 du matin. Pour tenir ces objectifs, la priorité est donnée à la maintenance préventive dont la part se situe aux environs des deux tiers des opérations totales de maintenance.» Fiabiliser la circulation des informations « Avant la GMAO, les problèmes techniques constatés étaient consignés dans des cahiers de liaison, se remémore Gilbert Gavello. L’anecdote dont je me souviens le mieux est celle de ce jeune technicien que j'ai envoyé pour une intervention sur une machine en panne. A l'époque, les demandes d’intervention étaient rédigées à la main sur des bons papier. Le technicien est d’abord intervenu une première fois sur la machine, puis le lendemain et le jour suivant. Il a fallu trois jours au technicien pour détecter cet incident répétitif. Non pas que le problème fut trop complexe à résoudre mais tout simplement parce qu’il n’intervenait pas sur la bonne machine ! En effet, la demande formulée sur le cahier était mal rédigée et le technicien s’était trompé de machine. Une telle erreur ne pourrait se reproduire aujourd'hui avec la GMAO. » A l’époque, le système de maintenance proposé par le fournisseur des rotatives était très limité. « Quand je suis arrivé au Journal, il y a 22 ans de cela, on commençait tout juste à entendre parler du préventif. Ce travail se faisait suivant les recommandations du fournisseur, il s’agissait d’un travail très fastidieux via une check-list à vérifier. Nous étions d’abord chargés de mettre de l’ordre dans les bons papier avant de tout rentrer informatiquement. C’est une des raisons qui nous a motivés à implanter un outil de GMAO.» C’est pourquoi, dès les années 1990, s’est mis en place un comité de pilotage de l’ensemble des ateliers, posant ainsi la volonté d’une structuration de la maintenance. « En juin 1989, nous avons commencé avec le logiciel Comac, que proposait alors l’éditeur, avant de passer sur Cosman en décembre de la même année. Puis, nous avons successivement installé les premières versions de Coswin. » Un GRAND quotidien régional Sud Ouest, dont le siège est à Bordeaux (Gironde) est le deuxième quotidien régional français. Il appartient au Groupe Sud Ouest. Les 21 éditions du journal sont diffusées dans huit départements (Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gers, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques). Les 294 journalistes, répartis dans les 32 agences départementales, le bureau parisien et le siège bordelais, sont épaulés par 1100 correspondants. Trois rotatives (régulées par ordinateur) sont capables de tirer chacune 86 000 journaux par heure. 55 tonnes de papier et 700 kilos d’encre sont utilisés chaque nuit dans cette imprimerie où les bobines de papier sont désormais acheminées par des robots. A la sortie des rotatives, des chaînes à pinces transportent les 350 000 journaux au service expéditions. Là sont conditionnés les 5 000 à 6 500 paquets envoyés aux dépositaires et sont remplis les 800 sacs postaux avec les 35 000 exemplaires mis sous film plastique distribués aux abonnés postés. La livraison des 115 000 abonnés à domicile mobilise 650 porteurs qui accomplissent chaque jour 39 000 km. 36 camions partent chaque nuit du quai de Brazza à Bordeaux pour acheminer les journaux vers les 30 points d’éclatement répartis sur les 8 départements de la zone de diffusion. Ils effectuent au total 6 500 km. Les 28 dépositaires prennent le relais entre ces points de livraison et les 4000 points de vente. Ils accomplissent 182 tournées de transport, soit 22 000 kilomètres. Les 4 000 diffuseurs de Sud Ouest sont le dernier maillon de la chaîne. Octobre-Novembre-Décembre 2012 – N°628 21

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